Publi le dimanche 13 avril 2008

Le Tibet

13 04 2008

On parle beaucoup du Tibet ces jours-ci. Comme les médias font beaucoup de place aux mouvements de protestation contre la Chine, on a tendance à percevoir la situation dans le sens mauvais chinois, merveilleux peuple tibétain, saint Dalai-Lama.  Il suffit de savoir qu'avant la prise de contrôle par la Chine, le Tibet était une théocratie féodale ( à mon point de vue ce système est pire que le communisme ) pour réaliser que la situation est beaucoup plus complexe que ce que les reportages de 2 minutes au Téléjournal laissent percevoir.  Vous trouverez ci-dessous un article de Wikipédia qui résume assez bien je pense les deux points de vue.  Nous sommes souvent tentés de prendre position dans des débats politiques sans connaître les tenants et aboutissants.  Présentement si je devais prendre position sur cette situation, je me sentirais comme un Bulgare qui devait de prononcer sur l'indépendance du Québec en se fiant à ce qu'il voit à la télévision ou lit dans les journeaux.  Ce sont de biens minces informations pour porter un jugement éclairé.
 
Libération-Modernisation ou Invasion-Colonisation ?

Cette section présente les deux visions de l'histoire, dans le but d'avoir le point de vue de chaque partie.

Pour la Chine : une libération suivie d'une modernisation

Ce paragraphe présente les thèses chinoises. Voici l'Histoire modérée, mais avec l'interprétation pro-unification, telle que la présenterait une majorité des ressortissants de la RPC. Pour les Chinois, l'unification de la Chine est une idée primordiale. Parcellaire, la Chine a connu des périodes sombres : guerres, famines ont été causées par des luttes fratricides organisées par les colonisateurs et envahisseurs.

Dans l'Histoire, le Tibet et l'empire chinois ont toujours eu des liens forts, par exemple la fonction de premier Grand Lama (futur dalaï lama) a été instaurée par l'empereur de Chine mongole Kubilai Khan (1215–1294).

De 1840 à 1949, les guerres avec les pays colonisateurs et la guerre civile ont bouleversé la Chine entière. Les provinces contrôlées par l'étranger se faisaient la guerre, et le Tibet a cédé aux colons britanniques. Mao et le PCC ont libéré le pays des étrangers.

Le Tibet n'était pas détaché de la Chine, faisait partie de la République chinoise, et la souveraineté de la Chine sur le Tibet était reconnue par toutes les puissances étrangères[55],[56],[57],[58]. En 1950, lorsque les troupes communistes entrent au Tibet, les occidentaux ne s'y opposent pas. L'Inde indépendante a même déclaré en 1949 qu'elle reconnaissait que le Tibet faisait partie de la Chine[59],[60]. La libération chinoise au Tibet était soutenue par des tibétains, comme le groupe du Penchen-lama [61],[62], et les communistes tibétains[63], l'armée communiste chinoise, incluait aussi des tibétains.[64]

Du coté des communistes, comme Shanghaï et Pékin, on parle de libération (解放) du Tibet. Du coté des nationalistes, on considère que la totalité du continent chinois, y compris le Tibet, a été pris par les communistes (陷共).

Cependant, comme dans beaucoup d'autres régions de Chine, les guerres et les communistes ont fait beaucoup de victimes.

Avant 1959, le Tibet était une théocratie féodale, dirigée par les grands propriétaires terriens et les prêtres. La majorité de la population rurale avait un statut de serfs ou de paysans, avec une minorité d'esclaves. Une justice sommaire et partiale était rendue par le seigneur ou le Lama, comprenant torture et mutilations. L'occident préfère nier ce vieux Tibet, et croire à une société harmonieuse, tournée vers le bouddhisme.

Partie intégrante de la Chine, le Tibet s'est modernisé très rapidement, à commencer par l'abolition du servage et de la torture. Le pouvoir central a consacré beaucoup de crédits au développement de l'Ouest et énormément d'ouvriers spécialisés ont été envoyés pour les constructions. Comme actuellement, ces sont des présences de la culture américaine prises par les journalistes occidentaux comme les symboles de la colonisation chinoise[65].

Au vieux Tibet, qu'un enfant sur deux peut se grandir, comme la mère du 14ème Dalaï-lama a donné 16 enfants, que sept ont survécu[66], l'espérance de vie est aussi fable, en plus de nombreux moines s'abstiennent de la vie mariale. C'est pour quoi, la croissance démographique au Tibet restait presque zéro depuis des siècles[67]. Au Tibet, entre les années 1950 sous le régime du Dalaï-lama et 1990, la mortalité infantile est diminuée de 430‰ à 97,4‰, et l'espérance de vie augmentée de 36ans à 61,4ans, la population tibétaine est aussi doublée [68].

La culture tibétaine est préservée en tenant compte des exigences de la modernité : le tibétain est enseigné en maternelle[69], les cours du lycée sont en mandarin et les étudiants appartenant à la nation tibétaine ont des bonus pour rentrer à l'université (discrimination positive).

La langue tibétaine est respectée par l'état chinois, même pendant les années maoïstes. Par exemple, le tibétain est écrit sur les monnaies chinoises[70],[71]. La radio nationale de la Chine (中央人民廣播電臺) s'adresse en langue tibétaine depuis 1950[72]. Il existe aussi de nombreuses chaînes locales d'émission en Tibétain, par exemple la Radio en Tibétain de la Province du Qinghai a été fondée en 1952[73]. L'université de l'ethnie tibétaine, qui est spécialisée en enseignement de la culture de la langue tibétaine, fondée à Xi'an en 1951, s'est installée à Lhassa en 1965[74]. En 1959, le taux d'analphabétisme au vieux Tibet est 97%, celui-ci recule chaque année, actuellement le taux de scolarité est environ de 95%[75]. Dans les écoles des zones tibétaines, les enseignements sont bilingues[76],[77]. En 2006, uniquement dans la région autonome du Tibet, l'état emploie 10927 enseignant de la langue tibétaine en temps plein. Un nouveau dictionnaire sino-tibétain《漢藏對照詞匯》de plus sort en Chine en 1976, juste à la fin de la révolution culturelle[78]. Jusqu'à maintenant, en Chine, il existe une centaine de journaux et revues en tibétain, dont 23 ont été lancés entre 1949 et 1979[79]. Les officiers travaillent au Tibet sont obligés d'apprendre le tibétain[80].

Étant un pays communiste, la prostitution et le mariage forcé sont interdits[81]. La première loi de mariage de la R.P. de Chine abolissait radicalement le mariage forcé, pour le remplacer par un nouveau système fondé sur la liberté du mariage, la monogamie, l'égalité entre l'homme et la femme, et la protection des intérêts légitimes de la femme et de l'enfant. Cette loi s'applique au Tibet intérieur en 1950 et à la Région autonome du Tibet en 1960, juste après le révolte de l'ancienne classe privilégiée. Notamment, fréquenter une prostituée, considérée comme une sale mœurs capitaliste, était strictement éliminée pendant les années maoïstes. Malheureusement, l'époque de post-Maoïste, l'état a plus en plus de difficulté contrôler la prostitution, mais le gouvernement a toujours adopté une ligne répressive extrêmement dure à l'endroit des organisateurs de la prostitution[82]. Quant aux soldats chinois, ils risquent d'être expulsés s'ils fréquentent des prostituées[83].

En occident, les persécutions du communiste chinois subies par les tibétains sont très exagérées. Comme l'APL chinoise profiter traditionnellement les filles tibétaines comme les esclaves sexuelles[84],[85], ce types d'affaire n'existe pas[86].

À partir de 1966 et jusqu'à sa mort, Mao a lancé dans toute la Chine la Révolution culturelle. Dans toute la Chine, tout ce qui est culturel (édifices religieux, livres…) a été détruit, notamment des temples bouddhistes au Tibet.

Actuellement dans la région autonome du Tibet, le chef et plus de 70% des membres du gouvernement sont les Tibétains même[87]. La pratique religieuse est respectée à nouveau.

Le Dalaï lama actuel est le symbole de cette aristocratie qui a cédé face à l'envahisseur, une honte nationale. Il, à l'étranger depuis plus de 30 ans, en a fabriqué un grand nombre au mépris des faits, telles que « l'accord en 17 points a été imposé au Tibet par la force militaire », « les Chinois han ont massacré 1,2 million de Tibétains », « à la suite de l'immigration de Chinois han, la nationalité tibétaine est devenue minoritaire au Tibet », « le parti communiste contraint les femmes tibétaines à pratiquer un contrôle des naissances et des avortements », « le gouvernement s'oppose à la liberté religieuse, et persécute les dignitaires religieux », « la culture et les arts traditionnels tibétains sont en danger de disparition », « les richesses naturelles du Tibet ont été dévastées », « l'environnement au Tibet est soumis à la pollution » et autres âneries, dans l'intention de nuire aux relations entre les peuples en excitant les foules tibétaines pour qu'elles s'opposent au gouvernement chinois. De septembre 1987 à mars 1989 se sont produits à Lhassa de nombreux troubles que la clique du dalaï-lama a provoqués en incitant à la rébellion, troubles qui ont causé de lourdes pertes en vies humaines et en capital[88].

Pour le gouvernement tibétain en exil : une invasion suivie d'une colonisation

Le gouvernement tibétain en exil qualifie d'invasion l'entrée de l'APL au Tibet en 1950[89],[90] Le terme de colonisation revient souvent pour stigmatiser l'immigration des colons chinois Han, leur main mise sur l'économie et le pouvoir politique ainsi que l'influence de la culture chinoise au détriment de la culture tibétaine[91],[92].

Suivant en cela la tradition impériale, la République populaire de Chine considérerait les peuples des minorités comme barbares[93]. Elle se sentirait investie d'une mission civilisatrice à leur égard[94] et mettra en œuvre une politique qui comportera bien des traits du colonialisme classique[95].

Au Tibet, cette politique se traduit par un afflux de colons chinois[96]. Elle a aussi pour conséquence l'envoi d'enfants tibétains dans la région de Pékin, en vue de les initier à la culture han[97].

L'argument fréquemment utilisé par les Chinois selon lequel les cadres politiques et administratifs de la Région autonome du Tibet sont très majoritairement tibétains ne correspond pas à la hiérarchie réelle en Chine. En effet, le monopole du pouvoir y est détenu dans les faits par le parti communiste, largement dominé par des Chinois d'origine han, ce qui est particulièrement vrai pour le poste stratégique de secrétaire régional du parti pour le Tibet, qui a toujours été dévolu à un membre de cette ethnie[98].

Si L'accord en 17 points fut signé par les représentants du 14e Dalaï Lama et ceux de la République populaire de Chine le 23 mai 1951 à Pékin, il fut dénoncé par le Dalaï Lama et son gouvernement, qui affirme qu'il fut signé par les Tibétains sous la contrainte.[99] Cet accord fut le premier document dans l'histoire tibétaine qui décréta la souveraineté chinoise sur le Tibet, même s’il reconnaissait le droit au gouvernement du Dalaï Lama de continuer à administrer le Tibet. [100]

Au début, le Dalaï Lama était personnellement en faveur des réformes qui furent proposés par Mao Zedong pour moderniser le Tibet et était d'avis d'essayer d'atteindre un compromis opérationnel avec les Chinois. Il s’agissait notamment d’une campagne de « transformation socialiste de l'agriculture ».

Cependant, la manière avec laquelle la réforme fut appliquée, et en particulier son imposition par la force entraînera une révolte de la population tibétaine. Vers 1955-56, la situation à l'intérieur du Tibet a commencé à se détériorer rapidement. Au sein du gouvernement chinois, les partisans de la ligne dure poussaient pour commencer à appliquer « la transformation socialiste » au Tibet. Dans le Kham, les Tibétains commencèrent à se rebeller[101]. En effet, fin 1955, Li Jingquan, le Secrétaire du Parti au Sichuan, commença les réformes dans le Kham (les secteurs tibétains du Sichuan). Le résultat de cette campagne fut désastreux pour le Tibet puisqu’il a mené à une révolte majeure dans le Kham. Des réfugiés tibétains affluèrent au Tibet central et cette révolte déborda finalement sur le Tibet politique et fut un facteur majeur précipitant le soulèvement à Lhassa de 1959.

Mao fit une dernière tentative pour sauver sa politique gradualiste en 1957 quand il a réduit le nombre de cadres Han et de troupes au Tibet et a écrit au Dalaï Lama lui promettant que Chine n'appliquerait pas les réformes socialistes sur les terres au Tibet pour les six prochaines années. De plus, à la fin de cette période, Mao a déclaré qu'il remettrait encore les réformes si les conditions n'étaient pas mûres.

Cependant l'agitation au Tibet s’est amplifiée et en mars 1959, un soulèvement important s'est développé à Lhassa. Le Dalaï Lama dû quitter le Tibet pour l'exil en Inde. Le Dalaï Lama a dénoncé l'accord en 17 points et chercha un soutien international pour résoudre le conflit au Tibet. Avant l'intervention de l'armée chinoise des années 50, il y avait plusieurs milliers de monastères au Tibet. Selon le Gouvernement tibétain en exil, plus de 6000 ont été détruits,[102] à l'occasion des bombardements de l'armée chinoise contre la résistance tibétaine,[103] ainsi que durant la Révolution culturelle. Selon au moins une source chinoise, seule une poignée des monastères importants sur un plan culturel ou religieux sont restés sans dommage majeur.[104], et des milliers de moines et de nonnes bouddhistes ont été tués, torturés ou emprisonné, selon le rapport de la Commission internationale des juristes [105] La Question du Tibet est alors apparue comme un problème international.